J’ai comparé un store californien en bois et un vénitien alu dans mes deux salons

mai 28, 2026

Je suis Clara Montreuil, décoratrice d’intérieur et fondatrice de C&M Intérieurs, du côté de Rennes. Je rabats le store californien en bois d’un geste sec, et l’écran cesse de cligner sous la lumière de 19h42. Dans mon salon près de la rue de Fougères, j’ai laissé la TV allumée pendant que le jour tenait encore sur la baie. J’ai refait la scène dans mon second salon avec un vénitien alu, à la même heure, puis j’ai tourné les lames jusqu’à retrouver une image lisible sans reflet net. Ce test m’intéressait parce que, chez moi, le soir commence avant que le dehors soit vraiment noir.

Le soir où j’ai vu la différence

Le soir où j’ai vu la différence, j’ai gardé mes deux salons dans le même état de vie, pas dans un décor figé. La baie renvoyait encore une lueur blanche sur le parquet, l’écran gardait une bande claire dès que je bougeais la tête, et j’ai compris vite pourquoi cette comparaison me travaillait. J’ai choisi un mardi de mars, vers 19h37, quand la lumière du dehors reste assez dure pour salir une image, mais pas assez basse pour simplifier le test. J’ai voulu quelque chose de concret, pas un ressenti de pièce fermée.

Chez moi, le soir, je traverse la pièce, je pose un plaid en laine bouclée sur l’accoudoir, je remonte un peu le son de la télévision et je reviens dans la cuisine ouverte 5 minutes plus tard. Je vis en couple, sans enfant, et ce rythme me laisse plus de place pour regarder les volumes, les reflets et les passages dans la pièce. En 9 ans de pratique dans mon cabinet du côté de Rennes, j’ai vu assez de séjours pour savoir qu’une baie mal gérée fatigue vite le regard. Mon diplôme en design d’intérieur à l’Institut Supérieur des Arts Appliqués, obtenu en 2014, m’a appris à surveiller ce genre de détail banal, celui qui casse une soirée sans prévenir.

Je voulais vérifier un point précis, et je l’ai noté dès le départ sur mon carnet, posé sur la table basse en chêne clair : quel store gêne le moins quand je veux lire l’image, garder un peu de lumière ambiante et ne pas plonger le salon dans le noir. J’ai commencé par des lames entrouvertes, puis j’ai fermé par petits crans jusqu’à faire disparaître le reflet qui barrait l’écran. Le bon réglage ne tombait pas d’un coup. Je l’ai senti au moment où mes yeux cessaient de chercher le haut de la scène et suivaient enfin l’action. Oui, je sais, j’ai un côté un peu tatillon là-dessus.

J’ai aussi gardé en tête les repères du Cercle National des Architectes d’Intérieur, le CNAI, sur la lecture des volumes et du confort visuel, sans leur prêter un verdict que je n’avais pas encore vu chez moi. J’ai noté chaque essai sur 4 soirs, avec la même position assise et le même programme, parce que je voulais comparer la matière plus que l’humeur du moment. J’ai aussi prévu une limite claire : je n’ai pas mesuré la chaleur de la baie ni le coût de pose, et pour une reprise de menuiserie ou un souci de vitrage, je passerais la main à un storiste ou à un menuisier. Là, je reste sur ce que j’ai vu avec mes mains et mes yeux.

Ce que j’ai réglé, mesuré, puis recommencé

J’ai repris le test à 19h37 pendant 4 soirs, avec la même série en pause sur la même image, la même assise marquée par le bord du tapis gris chiné et le même recul de canapé, que j’ai mesuré à 2,40 m de l’écran. J’ai commencé par le salon avec le store californien en bois, puis j’ai basculé dans l’autre pièce avec le vénitien alu, sans changer l’intensité de la lampe d’appoint. J’ai noté le temps entre le premier geste sur les lames et le moment où l’image redevenait lisible. Je voulais voir la différence brute, pas un effet de nouveauté.

store largeur des lames temps pour retrouver une image lisible ajustements notés
californien en bois 127 mm 1 min 48 s 3
vénitien alu 25 mm 54 s 5

Sur le plan technique, j’ai regardé la largeur des lames, leur angle d’ouverture et la manière dont l’ombre portée dessinait une barre plus ou moins nette sur l’écran. Le bois, avec ses lames de 127 mm, cassait la lumière en aplats plus souples ; l’alu, avec ses lames de 25 mm, découpait la baie avec un trait plus sec. Mon diplôme en design d’intérieur m’a appris à regarder ce type de détail, parce qu’un salon n’a pas la même respiration selon la matière qui filtre. J’ai vu aussi que le reflet ne dépendait pas que de l’orientation, mais du moment où la lumière extérieure frappait la surface.

J’ai compté les réglages nécessaires pour atteindre un niveau lisible sans fermer la pièce. Sur le bois, j’ai fait 3 manipulations nettes, puis 1 reprise 10 minutes plus tard quand le soleil a pivoté sur la baie. Sur l’alu, j’ai touché la commande 5 fois avant de trouver un angle qui arrêtait l’éblouissement, et j’ai perdu 4 minutes sur un départ trop ouvert qui renvoyait la fenêtre en plein centre de l’écran. Ce premier faux pas m’a rappelé un piège simple : un bon angle près de la baie peut devenir mauvais dès qu’on se rassoit.

J’ai aussi gardé sous la main une note du CNAI, qui insiste sur le fait que la lumière du soir se lit avec le volume de la pièce, pas avec un seul échantillon de matière. J’ai trouvé ce repère utile, parce que mon second salon, plus profond, réagissait différemment du premier, pourtant ouvert sur la même façade. Je n’ai pas tiré de règle générale de mon côté, j’ai juste vérifié que l’angle et la matière pesaient autant que la luminosité extérieure. Dans les deux pièces, je l’ai vu très vite.

Le moment où le bois m’a surprise

Le soir où j’ai basculé le store californien en bois, j’ai vu l’image perdre son petit halo blanc plus vite que prévu. Je m’attendais à un résultat plus décoratif que pratique, et j’ai eu l’inverse, parce que les lames ont adouci le reflet sans rendre la pièce lourde. La TV restait lisible pendant que la lumière du dehors entrait encore par la baie, et j’ai gardé une ambiance de salon vivable, pas une grotte. Le bois a donné une sensation plus posée, presque plus calme, dès le premier quart de tour.

J’ai mis 1 min 48 s pour arriver à un point qui me plaisait vraiment, puis j’ai repris 2 fois parce qu’un léger décalage de 3 cm suffisait à relancer une bande claire sur l’écran. Ce qui m’a frappée, c’est que la matière bois absorbait mieux la lumière rasante que je ne le pensais, et que le regard se fatiguait moins quand je restais assise au même endroit. J’ai aussi noté que la pièce gagnait en douceur visuelle sans perdre toute sa clarté, ce qui compte chez moi quand le salon sert encore de passage. Mon compagnon a traversé la pièce pendant le test, et je n’ai pas eu besoin de tout rouvrir après son passage, juste de retoucher une lame.

J’ai pourtant cru avoir trouvé le bon réglage un soir, puis je me suis levée pour attraper mon carnet sur la table basse, et l’image est redevenue moins lisible dès que je me suis décalée d’un demi-mètre. J’ai recommencé depuis le canapé, pas depuis la fenêtre, et la différence m’a sauté aux yeux, un peu agaçante sur le moment. Le reflet que je croyais maîtrisé ne gênait pas au même endroit, ce qui m’a rappelé qu’un test de store se fait à hauteur de regard, pas debout au hasard. J’ai failli croire que le problème était réglé alors qu’il ne l’était qu’à mon siège précis.

Quand le générique a commencé et que la bande lumineuse de la baie a coupé l’écran en diagonale, j’ai compris où se trouvait la vraie limite du bois. Je pouvais encore suivre les visages, mais je n’avais pas intérêt à bouger trop vite dans la pièce. Cette scène-là, avec le son bas et la lumière du dehors en angle, m’a paru beaucoup plus parlante qu’un simple essai les rideaux tirés. J’ai vu la matière travailler à ma place, sans disparaître complètement.

L’alu m’a donné une autre vérité

J’ai ensuite refait exactement la même séquence avec le vénitien alu, et j’ai obtenu l’image nette plus vite. La première impression a été presque sèche, parce que les lames renvoyaient la lumière avec plus de précision et la barre claire quittait l’écran plus rapidement. J’ai trouvé le réglage juste en moins d’une minute, et j’ai senti que la TV gagnait en lisibilité dès que j’approchais les lames d’un quart de tour. Le résultat était plus franc que le bois, par moments plus tranché.

Dans la main, l’alu m’a paru plus froid, plus technique, et le petit bruit de bascule était plus net que sur le bois. J’ai entendu un cliquetis léger à chaque reprise, rien de gênant pour moi, mais assez présent pour rappeler que la matière ne raconte pas la même chose dans la pièce. La lumière extérieure se découpait en bandes plus fines sur les lames, et l’ensemble dessinait un contraste plus marqué sur le mur blanc. J’ai senti tout de suite que l’ambiance devenait moins chaleureuse.

La limite, je l’ai vue dans les angles. Dès que je me suis assise plus bas ou un peu de biais, j’ai eu besoin d’un micro-ajustement, comme si la précision du métal se payait par une tolérance plus étroite. J’ai compté 5 reprises dans la même soirée, contre 3 sur le bois, parce que l’alu me donnait une image propre mais plus sensible à ma position dans la pièce. Ce n’est pas un défaut absolu, c’est juste le prix d’un rendu plus net. Chez moi, cette dureté visuelle se sentait davantage.

Et dans une soirée ordinaire, ça compte vite, parce que mon compagnon traverse le salon, je vais chercher un verre dans la cuisine ouverte, puis je reviens m’asseoir sans refaire toute la chorégraphie des lames. Avec l’alu, j’ai gardé un écran plus lisible pendant ces allers-retours, mais j’ai aussi vu la pièce perdre un peu de son côté accueillant. J’ai donc eu une vérité différente, pas meilleure sur tout, juste plus précise et plus froide. Pour un usage où la TV doit rester nette malgré le passage, j’ai vu son intérêt très clairement.

Ce que je garderais chez moi ce soir

Ce soir-là, entre les deux salons, j’ai gardé le store californien en bois quand je voulais regarder un programme avec la baie encore claire. Dans ma configuration, avec l’écran allumé à 19h37, un recul de 2,40 m et une lumière extérieure encore vive, il m’a gênée moins que le vénitien alu parce qu’il a cassé le reflet sans durcir l’ambiance. L’alu m’a donné l’image la plus nette, mais j’ai senti davantage le contraste et la froideur de la pièce. Si je devais choisir pour ma soirée du quotidien, je referais le même geste du côté bois.

Je n’ai pas cherché à mesurer la tenue dans la chaleur d’été, ni la réaction d’une baie très exposée plein ouest, et je ne me suis pas prononcée sur le coût de pose. Pour un problème qui vient de la menuiserie, du vitrage ou d’un défaut d’exposition global, je passerais la main à un storiste ou à un menuisier, parce que là je sors de mon champ. Mon test reste donc celui d’une ambiance de soirée, pas d’un chantier. Je le garde à cette place-là.

À Rennes, dans mon salon de la rue de Fougères, je garde surtout une idée simple après ce test du bois et de l’alu : la matière change autant que l’orientation des lames. Les repères du CNAI m’aident à relire ce constat, parce qu’ils me ramènent toujours à la pièce entière plutôt qu’à un seul détail. Je choisirais le bois si je cherchais le confort du soir, et l’alu si je voulais une réponse plus tranchée au reflet, avec l’idée que je retoucherais plus volontiers les lames en cours de route. Verdict, pour moi : bois oui pour un salon vivant et doux ; alu oui seulement si la netteté prime sur la chaleur visuelle.

Pour qui c’est oui ? Pour quelqu’un qui regarde plusieurs fois la TV en fin de journée, qui garde la baie ouverte sur la lumière et qui accepte un réglage de temps en temps. Pour qui c’est non ? Pour une pièce où l’on veut d’abord une ambiance très calme, sans bruit de lames ni contraste trop sec. Chez moi, le bois a gardé la meilleure place au bout de cette comparaison.

Clara Montreuil

Clara Montreuil publie sur le magazine CET Intérieur des contenus consacrés à la décoration, à l’aménagement intérieur et à l’organisation de la maison. Décoratrice d’intérieur et fondatrice de C&M Intérieurs, elle adopte une approche claire et structurée pour aider les lecteurs à mieux comprendre les espaces, les ambiances et les choix déco du quotidien.

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