Un après-midi pluvieux dans mon atelier, j'ai ouvert ce logiciel de plan 2D gratuit pour la première fois, décidé à créer un plan simple sans me perdre dans des techniques compliquées. Le projet client que j'avais entre les mains demandait un aménagement intérieur réaliste, mais avec un budget serré et un délai réduit, pas question de passer des heures sur un logiciel professionnel. Mon expérience technique reste modérée, je maîtrise les bases du dessin et de la mesure, mais je ne suis pas une experte en logiciels complexes. Je voulais surtout vérifier si cet outil gratuit, promettant une interface intuitive en glisser-déposer, pouvait tenir la route face aux contraintes réelles du terrain, notamment la précision des mesures et la facilité à exporter un plan exploitable.
Le jour où j’ai lancé le logiciel pour la première fois chez moi, avec mon plan papier et mon mètre laser
J’ai installé le logiciel sur mon PC portable, installé dans mon coin atelier où je garde toujours mon mètre laser à portée de main. Dès l’ouverture, j’ai été frappée par la simplicité de l’interface : un système de glisser-déposer assez clair, avec une bibliothèque d’objets standards, comme des portes, fenêtres et meubles, qui semblait bien fournie. Pas besoin de faire de la modélisation complexe, ça promettait de coller à mon niveau. La prise en main fut rapide, avec peu de menus compliqués, ce qui m’a vite donné envie de commencer à tracer les murs.
Pour ce test, j’avais prévu de consacrer environ 30 à 45 minutes à chaque plan simple, en plusieurs sessions sur une semaine. Je voulais travailler dans mon espace habituel, au calme, avec mon PC portable et mon mètre laser prêt pour relever les dimensions si besoin. Mes objectifs étaient clairs : vérifier la facilité d’usage, la précision des cotations, et surtout la qualité des exports, car je devais envoyer ces plans au client en PDF ou PNG. Je comptais aussi mesurer le temps nécessaire pour tracer un mur, ajouter une porte, et insérer un meuble, histoire de voir si le logiciel tenait la promesse d’une conception rapide.
J’ai commencé par tracer un mur, ce qui m’a pris environ 3 minutes, assez intuitif avec les outils proposés. L’ajout d’une porte s’est aussi fait rapidement, en moins de 2 minutes, grâce à la bibliothèque d’objets. L’insertion d’un meuble a été un peu plus laborieuse, autour de 4 minutes, car je voulais ajuster précisément la position. J’ai ensuite testé les outils de cotation : là, j’ai vite remarqué que le snapping, c’est-à-dire l’accrochage automatique aux points clés, n’était pas très fiable. J’ai dû corriger manuellement plusieurs fois. Malgré ça, la prise en main globale restait fluide. La simplicité compensait en partie ce manque de précision, notamment pour un usage rapide.
Après une semaine de travail, ce que j’ai vraiment constaté sur la précision et la stabilité du logiciel
En zoomant à fond sur les plans, j’ai vu que les murs avaient une épaisseur fantaisiste, ce qui faussait complètement la simulation d’aménagement. Cette découverte a été un vrai choc, car sur le plan global l’œil ne le remarque pas, mais dès qu’on cherche à caler précisément des meubles ou des cloisons, ces erreurs d’épaisseur déforment l’ensemble. L’absence d’un snapping qui marche a aussi régulièrement provoqué des erreurs d’alignement, les murs ne se connectant pas parfaitement aux jonctions. J’ai dû passer du temps à ajuster manuellement, ce qui a rallongé mes sessions au-delà des 45 minutes prévues.
Un soir, après environ 45 minutes de travail sans sauvegarde, le logiciel a planté brutalement. J’ai perdu plusieurs éléments que je n’avais pas sauvegardés, ce qui m’a franchement irritée. Depuis, j’ai adopté une méthode de sauvegarde manuelle toutes les 10 minutes pour éviter de perdre du temps. Cette absence d’auto-save est un point faible à prendre en compte pour un usage professionnel, surtout quand on travaille sur des projets avec des délais serrés. Perdre 45 minutes de travail, c’est un luxe que je ne peux pas me permettre.
J’ai testé les exports en PDF et PNG, et plusieurs fois les fichiers étaient partiellement corrompus. Certains éléments graphiques disparaissaient, ce qui m’obligeait à relancer l’export plusieurs fois avant d’obtenir un fichier complet. La taille des fichiers variait entre 100 et 250 Ko pour un plan simple, mais la qualité visuelle chutait à chaque tentative, avec un rendu trop pixellisé pour une présentation client satisfaisante. J’ai fini par faire des captures d’écran haute résolution pour contourner ce problème, même si ce n’est pas idéal.
Techniquement, j’ai remarqué que l’interface se gélifiait parfois. Après avoir ajouté une vingtaine d’objets, certains boutons et menus restaient figés, rendant la manipulation lente voire bloquée. Ce phénomène de gélification a vraiment freiné mon rythme de travail, surtout quand j’essayais de repositionner des meubles rapidement. J’ai aussi perçu un léger voile sur la grille de fond quand je zoomais à fond, et des zones blanches apparaissaient temporairement lors du rafraîchissement de l’écran, ce qui donnait une impression de flicker gênant. Ces petits détails ont fini par peser dans mon ressenti global.
Le moment où j’ai mesuré physiquement la pièce chez le client et compris que ça ne collait pas
Lors de la visite chez le client, j’ai pris mon mètre laser et j’ai mesuré chaque longueur clé de la pièce. En comparant ces mesures avec mon plan numérique, j’ai découvert un écart et puis de 10 cm sur certaines longueurs, dû à un mauvais réglage des unités dans le logiciel. Ce décalage énorme m’a obligée à revoir complètement les dimensions dans le logiciel. J’ai compris que j’avais ignoré un détail de paramétrage dès le départ, et que ça avait faussé tout le travail réalisé. Ce moment a été un réel coup de massue, car je pensais avoir fait attention aux bases.
Cette erreur a eu des conséquences concrètes sur le projet : j’ai dû faire des réajustements sur le plan, ce qui a prolongé le délai initial. J’ai aussi constaté que le logiciel ne permettait pas d’importer un plan existant en fond, ce qui aurait pourtant facilité la correction. Sans cette fonction, il m’a fallu tout redessiner manuellement pour aligner les mesures, ce qui a ajouté une charge de travail non prévue. Le manque d’option pour reprendre un plan déjà avancé a clairement limité ma capacité à corriger rapidement cette erreur.
Pour limiter l’impact sur le timing global, j’ai recalibré manuellement la grille aux dimensions exactes relevées avec mon mètre laser avant de continuer à dessiner. Ce recalibrage a pris environ 30 minutes, mais il a au moins stabilisé la base du projet. J’ai dû refaire certains murs et repositionner les meubles, ce qui a allongé la phase de conception. Ce passage obligé m’a montré que, sans un réglage précis des unités et une reprise simple des plans, le logiciel gratuit reste limité pour des projets avec des contraintes fortes.
Au final, ce que je retiens de cette expérience et pour qui ça peut vraiment marcher
Globalement, le logiciel m’a permis de prendre en main rapidement la création de plans 2D simples. Pour des pièces basiques, j’ai réussi à finaliser mes plans en 30 à 45 minutes, ce qui correspond bien à mes attentes de rapidité. Les exports en PDF et PNG sont possibles et permettent de partager facilement avec les clients. J’ai noté que la bibliothèque d’objets standards facilite la mise en situation sans perdre trop de temps à créer chaque élément. Sur ce point, le logiciel tient ses promesses, surtout quand on n’a pas de compétences techniques poussées.
Mais les limites sont nombreuses. La précision manque, notamment à cause de l’absence d’un snapping performant et des épaisseurs de murs fantaisistes. L’instabilité est réelle, avec des plantages fréquents sans sauvegarde automatique, ce qui m’a obligée à sauvegarder manuellement toutes les 10 minutes. L’impossibilité d’importer des plans existants complique la reprise de projets avancés. Ces défauts pèsent lourd quand on travaille sur des projets clients avec des contraintes de temps et de qualité.
Je pense que ce logiciel peut convenir aux débutants qui veulent un outil gratuit pour créer des plans simples, rapides à partager. Il peut aussi servir de première étape avant d’utiliser des solutions plus complètes. Pour les professionnels qui exigent rigueur et stabilité, ou les décorateurs comme moi qui mesurent physiquement les pièces, il faudra envisager des alternatives payantes ou hybrides. Dans mon cas, je préfère investir dans un logiciel avec une meilleure fiabilité, même si ça coûte environ 50 à 70 euros par an, pour éviter les pertes de temps et les erreurs coûteuses.


